Stationnement de Montréal : parkés en double dans la voie des dinosaures
Nouvelle bourde de la part de Stationnement de Montréal. Après avoir semé la consternation aux quatre coins du web pour la création d’un faux blogue, voilà que les gestionnaires derrière Bixi en redemandent.
On apprend ce matin que Stationnement de Montréal a envoyé une mise en demeure aux dirigeants de Sparko pour leur utilisation de la marque de commerce Bixi. Sparko avait créé un mashup des emplacements de postes Bixi (bixiMobile), formatté pour iPhone.
Il y avait un besoin. Sur la page Facebook de Bixi, des dizaines d’utilisateurs ont demandé pour une telle application. Réponse de Bixi : «nous en sommes pas encore à cette étape» (sic). C’était donc prévisible qu’un citoyen allait prendre les devants pour combler le besoin. C’est comme ça que ça se passe, aujourd’hui. Bienvenue en 2009, Stationnement de Montréal, et sachez que les mises en demeure n’y changeront rien.
Il faut dire que, de par sa nature, Bixi inspire ses utilisateurs (aka les citoyens) à s’approprier la marque, à faire partie de l’expérience, à vouloir être plus que de simples utilisateurs-payeurs. D’ailleurs, n’est-ce pas le courant qu’a insufflé Stationnement de Montréal avec leur (faux) blogue alimenté par de (faux) citoyens ? Après tout, nonobstant le fait que c’était une machination d’une boîte de communications, le message demeure le même: Bixi est drivé par et pour des citoyens.
D’ailleurs, l’initiative de Sparko n’empêche aucunement Stationnement de Montréal de sortir une application officielle plus complète et mieux conçue, le moment venu. Ils devraient savoir que la vaste majorité des utilisateurs préfère utiliser l’application officielle (lorsqu’elle existe) plutôt que le mashup.
C’est, à mon avis, se tirer dans le pied royalement que de poursuivre tes propres clients lorsqu’ils font l’effort de produire des initiatives pour pousser ton offre plus loin. Surtout lorsque tu n’as aucune alternative au service que tu forces à retirer à grands coups de lettres d’avocats.
L’influence des blogueurs d’opinion
Il y a deux semaines, c’était le pré-lancement des pubs Sloche 10e Anniversaire. Du même coup démarrait la machine à polémique autour desdites pubs.
Jean-Luc Mongrain trouve qu’on tombe dans le mauvaise goût (sic). Patrick Lagacé trouve ça créatif, différent, osé.
Une chose qui m’a frappé, c’est la consensualité des commentaires laissés sur les blogues respectifs.
Quelques extraits chez Mongrain:
on se demande par après pourquoi les gens sont violents
-jacques audette
C’est d’un répugnant de très mauvais goût.
-Marguerite Visiteur
Je n achetterai ni plus ni moins de sloch cet été…
-nathalie mondat
j’espère que le CRTC sera déborder de plaintes
-micheline mich
Puis quelques extraits chez Lagacé:
Moi aussi je suis d’accord pour ce genre de pub. Super drôle
-danielolivier
Hilarant! J’espère qu’il y en aura d’autres!
-cbr1100xx
Wow tout simplement génial ce concept.
-jfcromp
Génial! J’adore l’audace. La nouveauté. L’innovation. Bravo !
-genemat
Deux opinions opposés, deux tendances opposées dans les commentaires. Dans les deux cas, la majorité parmis les centaines de commentateurs viennent réaffirmer ou renforcer l’opinion du blogueur.
C’est une chose que l’on observe souvent ailleurs. Sur le blogue de Michelle Blanc, ses sorties virulentes seront également renforcies par la majorité de ses commentateurs.
Est-ce une preuve que la plupart des gens sont incapables de penser par eux-mêmes, se fiant aux «faiseux d’opinions» pour faire la job à leur place ?
Ou est-ce cette recherche absolue, si chère au Québec, du consensus à tout prix ?
Ou n’est-ce qu’une question de démographie des visiteurs ?
Si vous voulez mon opinion, c’est sans doute un mélange de tout ça, et si j’avais des centaines de commentateurs moi-aussi, je suis sûr qu’ils seraient tous en accord avec moi.